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Relation Etats-Unis – Iran: les tensions en Iran font remonter le prix du pétrole à 70 dollars

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Le baril de brent, référence européenne du pétrole, a franchi la barre des 70 dollars pour la première fois depuis mai dernier. Les analystes ne croient pas à une hausse durable.

Coup de chaud sur  le marché pétrolier après la montée des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran. Depuis l’attaque de drone qui a tué le général Soleimani, les prix de l’or noir ont nettement progressé. Le brent, référence européenne, a franchi la barre des 70 dollars. Il s’agit de son plus haut niveau depuis mai 2019.

Les investisseurs redoutent que la situation au Moyen-Orient  s’envenime. Après l’attaque, l’Iran a promis une vengeance terrible, le président des Etats-Unis Donald Trump menace de frapper « rapidement et totalement en retour » ; la République islamique a annoncé  son retrait complet de l’accord sur le nucléaire, tandis que dans le même temps, le parlement irakien a exigé l’expulsion des forces américaines .

« La grande incertitude pour les marchés est de savoir comment l’Iran répondra à cette attaque », analyse Warren Patterson chez ING. Parmi les scénarios hypothétiques, les analystes de Citi évoquent des attaques contre des installations dans le Golfe, que ce soit en Irak, où les firmes américaines ont investi dans de nouvelles capacités de production, ou ailleurs ; des affrontements entre Israël et l’Iran ou un regain de tension entre le Yémen et l’Arabie saoudite.

L’autre grande menace concerne les infrastructures de pétrole : des attaques contre des oléoducs ou le blocage du stratégique détroit d’Ormuz où transitent près de 17 millions de barils tous les jours, soit 20 % du pétrole mondial. Le marché a déjà eu un avant-goût de ces scénarios. La république islamique a attaqué des tankers dans le détroit d’Ormuz et les cours ont bondi de 15 % en une seule séance après les attaques de drone d’une installation de Saudi Aramco mi-septembre.

Pas de hausse durable

Les observateurs ne croient toutefois pas à une hausse durable des prix. Mark Haefele chez UBS estime que l’Opep et la Russie pourraient augmenter leur production de 3,3 millions de barils par jour, de quoi rééquilibrer le marché, même en cas de forte perturbation. Par ailleurs les analystes de la banque suisse, prévoient un surplus d’offre au premier semestre de l’année en raison d’une croissance de la production américaine et norvégienne plus forte que celle de la demande. « Nous pensons que le brent aura de la peine à se maintenir au-dessus des 70 dollars » anticipe l’analyste.

Cette hausse des prix de l’or noir va-t-elle peser sur la croissance américaine, locomotive de l’économie mondiale ? Les experts de Nomura sont sceptiques. Les niveaux actuels sont en deçà de ce qui a été observé au deuxième trimestre 2019 et bien en dessous des niveaux de septembre 2018 : « l’impact direct sur la consommation devrait être nul », détaillent-ils.

Quid de l’économie américaine ?

De plus « le président Trump a déjà explicitement montré son aversion aux prix élevés »,  rappelle-t-on chez ING. Si les perturbations venaient à durer, le locataire de la Maison Blanche n’hésiterait pas à puiser dans les réserves stratégiques. « Dans la mesure où les Etats-Unis sont en période d’élections, cela ne fait que renforcer la probabilité d’une telle action ».

Le niveau actuel des cours s’explique également par une fin d’année porteuse, rappellent les analystes de Citi. Les stocks de pétrole dans le monde ont reculé ; l’imminence d’un accord entre la Chine et les Etats-Unis sur la guerre commerciale a amélioré les perspectives de croissance mondiale et donc de demande en or noir ; enfin l’introduction de nouvelles normes de carburant pour le transport maritime a dopé les prix du brut.

Avec les Échos

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