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Environnement

Langue de Barbarie La naissance de plus de 150 tortues, attendue entre juillet et octobre 2019

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Les éco gardes et autres volontaires de l’environnement encadrés par les agents du parc national de la Langue de Barbarie se préparent activement pour aider des centaines de tortues vertes marines migratrices, qui pourraient naître entre les mois de juillet et d’octobre 2019, à rejoindre la mer aussitôt après leur naissance. Durant cette période, des nids pourraient éclore sur la plage du parc de la Langue de Barbarie. En octobre 2018, d’autres nids ont été découverts sur cette même plage, mais ils ont été détruit par les eaux marines.

Dans l’entretien qu’il nous a accordé hier, le président de l’association des éco gardes de la Langue de Barbarie, Moussa Niang, domicilié au village de Mouit, une localité de la commune de Ndiébéne Gandiole, située à une trentaine de kms de Saint-Louis, nous a fait comprendre que la destruction de ces nids en octobre 2018, ne les a pas empêchés de se réorganiser pour accueillir dans de très bonnes condition une éventuelle naissance d’autres tortues. Et, comme les années précédentes, ils procéderont à une opération de relâche de ces petites tortues vers la mer. Si ces petites tortues attendues arrivent à sortir de leurs coquilles entre juillet et octobre 2019, elles seront, à coup sûr, bien surveillées par le conservateur du parc, ses proches collaborateurs, les éco gardes, les responsables et membres du groupement des femmes bénéficiaires du programme Compact/FEM,  dirigé par Mme Fatou Khole.

Les populations des villages de Mouit, Tassinère, Mboumbaye, Deggou Niaye, Ndiabène, Pilote, Tarré et Gnaème sur mer, pourraient également, comme les années précédentes, assister à cette belle opération qui devrait encore permettre d’encadrer et de protéger ces petites tortues dès les premières heures de l’éclosion de ces nids.

Dans cette partie du Gandiolais, les éco gardes n’ont jamais raté la moindre occasion pour  rendre un vibrant hommage aux projets Compact/FEM, GIRMAC (Gestion Intégrée des Ressources Marines et Côtières), WWF (Fonds pour la Nature), à la RBT (Réserve de Biosphère Transfrontalière) et autres partenaires qui appuient les agents du parc dans le cadre de l’accomplissement de la mission  qui leur est dévolue.

Selon ces éco gardes, ce parc a été créé en 1976 et couvre une superficie de 2000 hectares. L’objectif de création de ce parc consistait à protéger le site de ponte des tortues marines migratrices.

Aujourd’hui, ont-ils précisé, les agents du parc, en étroite collaboration avec les éco gardes, les populations des villages environnants et les pêcheurs, ont pu se rendre compte que quatre espèces de tortues marines dont la tortue verte et la tortue olivâtre fréquentent la zone.

Régulièrement, ont-ils souligné, cette même opération de relâche permet d’aider entre 150 et 180 petites tortues à regagner la mer après leur naissance. En 2011, on avait enregistré au Sénégal la naissance des tortues olivâtres sur la plage de la Langue de Barbarie.

La durée de couvaison des œufs, est de 54 jours. Au moment de pondre, la femelle remonte vers la plage où elle choisit un endroit sûr pour y enterrer ses œufs dans un trou de 65 cm de profondeur et de 25 cm de diamètre. Après ce travail, elle ne reviendra pas pour contrôler le nid. Pour éviter des pertes dues en général au changement de la température à l’intérieur du nid provoqué par l’arrosage du site de ponte par les marées, les éco gardes, très vigilants, s’organisent rapidement pour transférer les nids vers d’autres endroits plus secs, plus sécurisés et à l’abri des marées. Ils mettent tout en œuvre pour délocaliser ces nids, en évitant de les exposer aux rayons solaires, en les protégeant contre la prédation qui s’exerce sur ces œufs très nutritifs et riches en protéines et autres vitamines,  que les hommes pourraient ramasser pour les consommer, que les varans, les crabes et les corbeaux recherchent pour améliorer leur nourriture.

Avec toute cette précaution, précisent nos interlocuteurs, les petites tortues pourraient être dévorées par certaines espèces de poisson dès qu’elles réintègrent l’océan. C’est la loi de la nature. Moins de 5% de ces petites tortues atteignent l’âge adulte.

C’est la raison pour laquelle, la femelle arrive souvent à pondre à trois reprises pendant une saison pour revenir sur la plage trois ans plus tard. Elle peut s’accoupler avec plusieurs mâles, avec la capacité de stockage des différents spermes de ces mâles et de fertilisation des œufs au fur et à mesure.

Le coordonnateur national des projets Compact/FEM, Khatary Mbaye s’est toujours réjoui des résultats enregistrés dans le cadre de la mise en œuvre du programme de suivi écologique de ces tortues et de réhabilitation de l’îlot de reproduction des oiseaux migrateurs financé depuis 2008 par  Compact (Gestion communautaire pour la conservation des aires protégées) pour un coût global de 18 millions CFA.

En effet, c’est grâce à ces résultats, que le FEM (Fonds pour l’Environnement Mondial) avait accepté de financer la deuxième phase de ce programme pour une durée de deux ans et un coût global de 18 millions 640.000 F. Un  programme qui a été mis en œuvre dans de bonnes conditions et qui a permis de poursuivre les travaux de protection de l’îlot de reproduction des oiseaux, qui doit être impérativement protégé contre l’érosion côtière au niveau de la Langue de Barbarie, lesuivi écologique de ces tortues marines.

 Menaces de disparition des tortues marines

 Ces espèces de tortues en voie de disparition, a rappelé certains experts en environnement, au cours d’une exposition sur les tortues organisée dans la capitale du Nord par l’Ong WWF, sont exploitées par des personnes mal intentionnées qui ramassent leurs œufs, mangent leur chair et vendent leur carapace aux touristes. Même les plages et autres zones de ponte ont tendance à disparaître.

Selon ces spécialistes, qui ont requis l’anonymat, il y a 7 espèces de tortues dans le monde dont 6 vivent en Afrique et 4 fréquentent constamment notre pays. C’est la présence de la tortue verte marine migratrice qui est toujours signalée au Sénégal.

Ces responsables des Parcs Nationaux ont souligné que ces tortues bénéficient d’une triple protection. Le code de la chasse, le code de la pêche et la Convention sur les espèces migratrices appartenant à la faune sauvage ne ménagent aucun effort pour la conservation de ces tortues marines qui sont en voie de disparition dans toute la côte atlantique de l’Afrique, qui s’étend sur 14.000 kilomètres, du Maroc à la République sud-africaine.

Dans cette côte atlantique africaine, ont-ils poursuivi, on trouve des plages de nidification, des zones de croissance et d’importants corridors de migration de la tortue marine.

Depuis plusieurs décennies, ont-ils rappelé, on a constaté une diminution progressive de la population des tortues marines. Cette décroissance est en partie due essentiellement à une exploitation excessive directe et occasionnelle, des prises accidentelles d’engins de pêche, une dégradation des habitats.

Alors qu’il n’existe que des connaissances encore partielles dans le monde des tortues marines, des efforts, selon ces experts, sont en train d’être déployés dans le domaine de la recherche scientifique et du développement des outils d’aide à la sauvegarde de ces espèces.

Ainsi, des programmes régionaux et sous-régionaux se mettent progressivement en place pour dynamiser davantage les actions en faveur des tortues marines.

C’est dans ce contexte que les pays africains de l’aire de répartition, réunis en 1999 à Abidjan sous l’initiative de la Convention sur les mesures de conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, ont bien voulu discuter et ouvrir à la signature le Mémorandum d’Accord visant à améliorer l’état de conservation des tortues marines dans la façade atlantique africaine, y compris les habitats dont elles dépendent. A nos jours, presque plus de 80% des pays de l’aire de répartition ont signé ce mémorandum.

          Protection des sites de ponte : Les populations au créneau

Quatre sites de ponte de la tortue marine verte migratrice, ont été repérés sur la plage du parc national de la Langue de Barbarie depuis 2008 à hauteur du village de Darou Salam. Ces tortues vertes mesurent 110 à 140cm, pèsent 230 à 400kg, présentent une carapace cordiforme, bombée antérieurement avec 4 paires de costales sans contact avec la nucale, un plastron jaunâtre avec 4 infra marginales, une tête de taille moyenne avec un museau arrondi, un bec denticulé et une paire de préfrontale.

C’est une espèce largement distribuée, a-t-il poursuivi, qui fréquente des milieux très variés selon l’âge. Essentiellement herbivores, elles peuvent capturer occasionnellement des mollusques, des crustacés et des méduses.

Ayant une maturité sexuelle au-delà de 15 à 20 ans, son cycle de reproduction est généralement de 2,3 ou 4 ans. Habituellement, elle peut effectuer entre l’océan et les sites de ponte, deux à cinq navette par saison de 110 œufs en moyenne, logés dans des nids de 35 à 55 cm de profondeur. Sa durée d’incubation est de 48 à 70 jours.

Mobilisées derrière la présidente de leur GIE, les femmes bénéficiaires des projets Compact, ont toujours réitéré leur engagement indéfectible à poursuivre leur collaboration avec les agents du parc, les éco gardes, les populations des villages environnants et autres partenaires, en vue de mieux protéger et conserver ces tortues marines qu’on espérait plus revoir sur la Langue de Barbarie.

Très dégourdies et entreprenantes, ces jeunes femmes n’hésitent pas à exhorter les pêcheurs, moyennant quelques espèces sonnantes et trébuchantes, à protéger ces tortues marines.

Ainsi, ces derniers sont souvent chargés d’indiquer aux agents du parc et aux éco gardes les sites de ponte qu’ils auront eux-mêmes repérés.

                                   Mb.K.Diagne

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Climat : la promesse de limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius « sous assistance respiratoire », prévient Guterres

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Lors d’une réunion à huis clos avec des chefs d’État et de gouvernement, mercredi au siège des Nations Unies à New York, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à plus d’action et de leadership pour lutter contre la crise climatique, avertissant que les efforts visant à maintenir la hausse des températures mondiales à 1,5 degré Celsius au-dessus des niveaux préindustriels étaient « sous assistance respiratoire ».

S’adressant aux journalistes après la réunion, le chef de l’ONU a déclaré qu’il avait parlé aux dirigeants de l’urgence climatique et de la « triple crise mondiale » alimentaire, énergétique et financière.

M. Guterres a déclaré aux dirigeants réunis que la dévastation dont il a été témoin ce mois-ci au Pakistan, où les inondations ont couvert environ un tiers du pays à leur pic, s’est produite avec un réchauffement climatique de 1,2 degré Celsius, alors que le monde est actuellement sur la voie d’une augmentation globale de plus de trois degrés.

La réunion a été annoncée à l’avance comme un « échange de vues franc et informel » entre les dirigeants, coprésidé par M. Guterres et le Président égyptien Abdel Fattah Al Sisi, et une occasion d’aborder des questions clés avant la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, la COP27, qui doit se tenir dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh en novembre.

« Les énergies fossiles nous tuent »

Depuis la conférence de l’année dernière à Glasgow, en Écosse, les impacts climatiques se sont aggravés et les émissions de carbone ont atteint des niveaux records, frappant le plus durement les communautés vulnérables.

Quatre questions brûlantes ont été abordées au cours des pourparlers informels : l’atténuation des émissions, le financement climatique, l’adaptation et les pertes et dommages.

Concernant l’atténuation, M. Guterres a déclaré aux dirigeants que même si les émissions doivent être réduites de près de moitié avant 2030, elles sont en passe d’augmenter de 14%. Il a appelé les représentants des principales économies mondiales – les pays du G20 – à éliminer progressivement le charbon, à accroître les investissements dans les énergies renouvelables et à mettre fin à leur « dépendance aux combustibles fossiles ».
« L’industrie des combustibles fossiles nous tue », a-t-il dit, « et les dirigeants sont en décalage avec leur peuple, qui réclame une action climatique urgente ».

Dans le cadre de l’Accord de Paris de 2015 sur le changement climatique, les pays en développement se sont vu promettre 100 milliards de dollars par an pour financer des initiatives les aidant à faire face aux effets du réchauffement climatique.
À ce jour, cet objectif n’a pas été atteint. Le chef de l’ONU a déclaré que les engagements financiers envers le monde en développement doivent être honorés immédiatement et intégralement.

« J’ai souligné la nécessité de doubler le soutien à l’adaptation à 40 milliards de dollars par an d’ici 2025 », a poursuivi M. Guterres. « La destruction climatique est en train de se produire. Les gens souffrent maintenant ».

Dans la perspective de la COP27, le Secrétaire général a exprimé l’espoir que l’événement fera avancer ces discussions, en tant que question de justice climatique, de solidarité internationale et de confiance.

Coopérer pour faire baisser les prix

Un sommet des chefs d’État et de gouvernement du G20 se tiendra à Bali en novembre, lors des derniers jours de la COP27, et M. Guterres a exhorté les dirigeants à prendre des décisions importantes pour faire face à la « triple crise » alimentaire, énergétique et financière.

Il a exhorté la coopération et la solidarité internationales à faire baisser les prix qui ont grimpé en flèche depuis la pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine, à accroître le soutien aux pays en développement et à prévenir une crise plus grave l’année prochaine.
Les institutions financières internationales doivent également intensifier et offrir un allégement de la dette aux pays en développement, a déclaré M. Guterres, et de nouveaux mécanismes pour acheminer des ressources vers les pays qui en ont besoin doivent être renforcés et élargis. 

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Sénégal : des activités plubio-orageuses attendues durant la journée

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L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) annoncent que des activités plubio-orageuses sont attendues sur plusieurs parties du pays au courant de la journée de ce vendredi.

«Au courant de la journée, des orages et pluies sont attendus sur les régions Est, Matam y compris, la Casamance. Toute la façade Ouest du pays, y compris Dakar et Saint-Louis; Diourbel», annonce l’Anacim dans son bulletin.

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Diabel Ndiaye chef du service climatologie et services climatiques de l’Anacim : «nous ne sommes pas à l’abri des phénomènes extrêmes avec beaucoup de pluies»

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L’avertissement sonne ferme et porte les empreintes du chef du service climatologie de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim). Selon Diabel Ndiaye, cette accalmie notée ne signifie pas que l’hivernage tire à sa fin

«Nous ne sommes pas à l’abri des phénomènes extrêmes avec beaucoup de pluies. Il faut reconnaître que ce n’est pas la fin de l’hivernage parce que les perspectives que nous avons eues au niveau de l’Anacim laissent entrevoir une fin précoce à tardive. Donc, jusqu’au-delà de septembre, il faut s’attendre à des pluies », a-t-il dit dans un entretien accordé à SourceA’’ dans sa parution de ce jeudi.

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