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Entretien avec Papa Ibrahima Faye, Dg du Crous « Nous allons nous tourner vers le privé, pour financer nos projets d’infrastructures»

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Après une année à la tête du centre régional des œuvres universitaires de Saint-Louis (Crous), Papa Ibrahima Faye évoque les problèmes d’assainissement, source de maux, rappelle les efforts déployés par  l’Etat pour le bien-être des étudiants. Mais le plus important, pense-t-il, c’est faire recours, dans le cadre du partenariat public privé (Ppp), aux financements privés, pour financer les infrastructures sociales et faire face à la rareté des ressources.

Monsieur le Directeur, où en êtes-vous, avec la résolution du problème de l’assainissement, au niveau du campus social, avec surtout l’épineux problème des eaux stagnantes ?

Aujourd’hui, nous pouvons dire que le problème est en phase d’être maitrisé, grâce à une conjugaison d’efforts internes. Depuis près de deux semaines, le cadre de vie, dans le campus universitaire, s’est nettement amélioré, et il n’existe plus d’eaux usées stagnantes. Et en parlant de ces eaux, je peux vous assurer qu’elles n’ont jamais stagné, plus d’une heure, dans les villages universitaires, car à chaque fois que des problèmes de pompes se posaient, nous mettions un dispositif, avec le doublement des effectifs, et la présence systématique d’un camion hydro-cureur. Ce qui nous permettait d’intervenir très rapidement. Maintenant, vous connaissez la puissance des réseaux sociaux…

Qu’est ce qui explique toutes ces défaillances ?

Vous savez, le réseau d’assainissement de l’Ugb sert d’évacuation des eaux usées aux deux entités, que sont le Rectorat et le Crous. Ce réseau collectif est créé dans les années 1990, pour l’évacuation des eaux usées de l’ensemble des usagers de l’université, parmi lesquels les deux restaurants universitaires, les 14 villages d’étudiants, les 13 bâtiments de logements des enseignants, l’ensemble des Unités de formation et de recherches (Ufr), et d’autres locaux administratifs. Compte tenu du mauvais état, et du positionnement d’une grande partie des regards, le réseau capte également des eaux pluviales. Il comprend également deux systèmes dégraisseurs, au niveau des restaurants universitaires, une station principale de refoulement, trois stations de pompage secondaires, (ndlr situées respectivement dans le campus pédagogique, au niveau du Tour de l’œuf et du campus social), qui refoulent les eaux usées provenant des campus, et des bâtiments du Rectorat vers la station principale, située non loin du restaurant universitaire. Par ailleurs, il faut noter que tous les bâtiments ne sont pas raccordés à ce réseau. L’Ugb 2, le bâtiment J, celui du projet des 12 salles de classe disposent d’un assainissement autonome par fosses septiques. Ce système est pratiquement la tendance pour les nouvelles installations, à cause de la saturation du réseau existant et des problèmes quotidiens dans son exploitation.

Quels sont les travaux initiés pour soulager les étudiants ?

Les solutions mises en œuvre actuellement sont le remplacement et le dédoublement des pompes au niveau des différentes stations de pompage, le renforcement des conduites d’évacuation avec l’installation de clapets anti-retour, le remplacement des coffrets électriques, la réhabilitation et le renforcement de 14 fosses septiques. Ce qui a permis de régler conjoncturellement les dysfonctionnements, notés en attendant le démarrage effectif des travaux de reprise et de renforcement du réseau d’assainissement de l’Ugb, dont la maitrise d’ouvrage sera assurée par l’Office National d’Assainissement du Sénégal (Onas). Au-delà, en débutant les travaux pour l’amélioration en eau potable du campus, depuis près de six mois, la situation problématique de l’assainissement a été accélérée, avec le débit d’eau beaucoup plus important. Mais, je pense que c’est dans la logique de bien faire, et de régler définitivement et incessamment ces deux défis majeurs, et nous n’entendrons plus parler de problèmes majeurs, dans le domaine de l’assainissement et de l’eau, au sein du campus, dans les 15 prochaines années.

Outre ces questions, quels sont les autres problèmes liés à l’assainissement ?

Beaucoup de dysfonctionnements sont à noter sur le réseau. En effet, les conduites du réseau transportent en permanence des eaux chargées, et même des matières solides non solubles visibles à travers les bâches de pompage et des regards. Il est inévitable que ces conduites s’encrassent. Les parties en fonte, bien que de courtes longueurs, sont également soumises à l’abrasion et la corrosion, a fortiori compte tenu de leur date de pose, qui remonte pour les tronçons initiaux à plus de 30 ans.  Par ailleurs, l’accroissement des effectifs a été très rapide, passant notamment de 4 812 étudiants, en 2010, à près de 14.000 étudiants en 2019. Cette progression n’a pas été accompagnée d’une extension, ou réhabilitation de ces infrastructures. Par conséquent, le réseau d’assainissement existant et les stations de relèvement des eaux associées, sont aujourd’hui vétustes et surchargés.

Assainissement oui, mais qu’en est-il de la disponibilité de l’eau potable ?

Des travaux importants, pour faire face à la pénurie d’eau, ont été initiés, par la Sones, sur instruction du président de la République. Entre autres, on a noté la construction d’un château d’eau de 250m3, la réalisation d’une station de pompage de 70 m3/h, la fourniture et la pose d’une conduite de transfert, le  raccordement de cette conduite au château d’eau de Ngallèle, le renouvellement et le renforcement du réseau intérieur de distribution d’eau de l’Ugb sur 12km, la réalisation d’un réservoir de 150 m3. Un ensemble de travaux, qui nous a permis de faire face à la pénurie. Il faut le rappeler, cette situation a commencé à s’empirer en 2013, et avait atteint un point critique en 2015.  Ce projet est extrêmement important pour l’université et un soulagement pour tous les acteurs universitaires. Cette situation de déficit, s’est nettement améliorée, et la finalisation du projet de la Sones prévue, en fin juin va sécuriser l’approvisionnement en eau potable de l’université pour la prochaine génération.

Au niveau du tour de l’œuf, les terrains de sport sont délabrés. A quand leur remise en l’état ?

Il était programmé dans le cadre de l’exécution du budget 2019 de réhabiliter les terrains de basket-ball et de hand-ball, qui sont actuellement impraticables. Mais force est de constater que devant l’urgence de la question liée à l’assainissement, ces crédits ont été utilisés pour pallier à cette situation. Nous sommes toujours optimistes pour la réalisation de ces travaux, avec une rallonge budgétaire que le gouvernement nous accorderait. Par ailleurs, le Crous ne pouvant toujours compter sur le budget accordé par l’Etat, et les recettes internes, se tournera de plus en plus sur le partenariat public privé, pour financer ses projets d’infrastructures.

Les contrats des repreneurs tirent à leur fin. En cas de renégociation, peut- on s’attendre à des clauses plus contraignantes, pour plus de qualité dans l’alimentation des étudiants ?

Effectivement, les contrats des repreneurs, pour la gestion et l’exploitation des deux restaurants universitaires, que comptent le Crous, arrivent très bientôt à leur fin, et je pense que de manière générale le cahier des charges des repreneurs, est assez contraignant. Mais c’est plutôt dans le suivi, et la mise en œuvre des sanctions prévues, où se trouve le problème.

En effet, un contrat, ce sont  des obligations et sincèrement, il y a des manquements des deux côtés. D’une part, il faut qu’on soit beaucoup plus, dans une couverture suffisante sur la ligne budgétaire, devant supporter la restauration des étudiants, car il s’agit de postes budgétaires très sensibles, et même de sécurité nationale. Et d’autre part, il faut l’abandon systématique des journées sans tickets de la part des étudiants, pour que l’administration puisse jouer son rôle, vis-à-vis des repreneurs en appliquant systématiquement les sanctions prévues dans le cahier de charge. Enfin, je pense que nous avons intérêt à traiter le marché des restaurants, dans le code des marchés publics comme des marchés de sécurité nationale, vu la sensibilité de ce secteur, pour une meilleure stabilité de nos campus.

M. le Directeur, dans le cadre de l’optimisation des ressources, l’Etat a entrepris de quitter les logements conventionnés. Aujourd’hui, tous les services du Crous sont sous location. A quand la fin des travaux de vos bâtiments?

Il faut rappeler, que c’est une première pour le Crous de conventionner un bâtiment administratif pour lui servir de siège, car la direction du Crous, qui se trouvait dans l’enceinte de l’université, a été complétement saccagé, et incendié durant les événements regrettables du 15 mai 2018. Par ailleurs, pour précision, tous les services du Crous ne sont pas sous location. Seule la direction a déménagé hors du campus, les services opérationnels sont toujours au sein du campus social. La fin des travaux de la nouvelle direction est prévue en octobre 2019, et le bâtiment sera réhabilité à l’identique avec un coût estimé à près de deux cent cinquante millions. Il faut préciser que ce montant intègre des travaux supplémentaires à réaliser dans les restaurants, la cafétéria et la case des étudiants.

Propos recueillis par Mb.K.D

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Education : les engagements pris par le ministre de l’Education, Cheikh Oumar Anne pour une bonne rentrée scolaire 2022-2023

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Nommé récemment ministre de l’Education nationale, Cheikh Oumar Anne a déjà engagé le travail pour que la rentrée des classes prévue au mois d’octobre prochain soit effective dans beaucoup d’écoles. D’ailleurs, le successeur de Mamadou Talla a rencontré, ce lundi le comité de préparation de la rentrée scolaire 2022-2023.

Il a saisi de l’occasion pour annoncer la tenue du séminaire de rentrée qui aura lieu les 29 et 30 septembre prochain à Dakar. Le ministre a aussi fait part de sa participation à la journée Besup-Sétal du Ministère de l’Urbanisme et de l’Hygiène publique qui aura lieu le samedi prochain à Tambacounda.

«Nous travaillerons pour que cette journée soit aussi une occasion de lancer notre semaine de la propreté. Une semaine qui, cette année, pourrait connaître une belle réussite avec l’engagement de mon collègue Abdoulaye Saydou Sow qui a promis de mobiliser toutes les unités de l’Ucg pour le nettoyage des écoles sur l’étendue du territoire national» déclare le maire de Ndioum.

L’ex-ministre de l’Enseignement supérieur s’est dit rassuré des mesures déjà prises pour une bonne rentrée. Il a par ailleurs invité les collectivités territoriales à s’impliquer davantage dans le nettoiement des écoles et dans toutes les activités liées à une bonne rentrée scolaire.

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Rentrée scolaire du 3 octobre: les enseignants du privé catholique menacent de ne pas regagner les classes

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La rentrée scolaire pourrait être hypothéquée pour le privé catholique. Le Syndicat national des enseignants des écoles catholiques du Sénégal (Sneecs) va entamer le bras de fer contre son patronat et contre l’Etat du Sénégal, pour des « manquements » à l’égard de la gestion de la carrière de ses membres. A quelques jours dd la rentrée scolaire prévue le 3 octobre, il menace de de ne pas regagner les salles de classe. « Face à cette crise qui n’épargne personne, notre première revendication, c’est l’augmentation des salaires alignés au coût de la vie, avec une révision de la grille des salaires. Personne ne nous a entendus jusqu’ici, mais on attendait juste le moment et c’est le bon moment. La revalorisation des salaires est aujourd’hui au cœur de nos préoccupations, parce que tout le monde du travail ressent les contraintes du coût de la vie. C’est pourquoi on ne peut pas ne pas passer par la révision de la grille des salaires. En quelque sorte, nous allons vers une dénonciation de l’actuelle grille des salaires pour une augmentation des salaires », a confié la Secrétaire générale du Syndicat national des enseignants des écoles catholiques du Sénégal (Sneecs) au journal Le Témoin.

En plus de cette préoccupation, les enseignants de l’enseignement catholique ont exigé l’augmentation de la prime de l’Office national de l’enseignement catholique du Sénégal (Onecs), mais également l’octroi d’une prime de recherche. « Les enseignants du privé catholique ne bénéficient que d’une seule prime, qui est la prime de l’Onecs. Cette prime n’a pas connu d’évolution depuis 10 ans. Nous demandons aussi l’octroi d’une indemnité de recherche », affirme Mme Diop. Qui demande par ailleurs, le reversement régulier des charges sociales au niveau de la Caisse de sécurité sociale, l’Ipres et l’Ipm.

Les enseignants du privé catholique demandent également la régularisation ou le reversement régulier des cotisations statutaires du syndicat, mais aussi des cotisations syndicales appelées check-off. « Ces cotisations sont régies par une loi, tout employeur doit verser pour chaque travailleur qui est syndiqué ou pas, une cotisation qui est fixée à 1000 francs. Nos employeurs récupèrent ces 1000 francs-là, mais ne les versent pas régulièrement au Bureau national. Ces 1000 francs doivent revenir au Bureau national qui, à son tour, reverse les 40%à la centrale syndicale, nous sommes affiliés à l’Unsas, maintenant les 60% qui restent servent à la vie du Bureau national », a-t-elle déclaré.

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Les adieux de Mamadou Talla à ses ex-collaborateurs : «La dernière demande que je vous faite c’est d’apporter à votre nouveau ministre le soutien, le même accompagnement et la même loyauté que vous m’avez témoigné »

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«Monsieur le ministre Cheikh Oumar Anne, vous connaissez la maison. Nos départements partagent la même orientation, la même lettre de politique sectorielle et les mêmes programmes de développement de l’éducation», tels sont les mots du ministre Mamadou Talla à l’endroit de son successeur Cheikh Oumar Anne. C’est pourquoi, ajoute-t-il, «monsieur le ministre, je voudrai vous rassurer par rapport aux acteurs et partenaires que vous trouverez sur place. Plus de trois années, je l’ai côtoyé et écouté».

S’adressant toujours à son successeur, Mamadou Tall dira ceci : «je peux vous assurer que vous trouverez au ministère de l’Education nationale, des cadres de haut niveau, des femmes et des hommes compétents, responsables, loyaux». Mamadou Talla a fait une demande à l’endroit de ses ex-collaborateurs pour qu’ils continuent d’accompagner son successeur.

«En vous connaissant, monsieur le ministre Cheikh Oumar Anne, je reste convaincu que les acquis seront consolidés et améliorés dans l’intérêt de l’école»

«La dernière demande que je vous faite c’est d’apporter à votre nouveau ministre le soutien, le même accompagnement et la même loyauté que vous m’avez témoigné durant ces dernières années. Le professeur est un homme disponible, généreux, calme, pondéré et qui travaille bien et sans bruit», magnifie-t-il. «Vous verrez qu’avec lui, la continuité est assurée. On est inséparable. Nous sommes des amis de longue date. On travaille ensemble dans le gouvernement, au Nord, en France et partout. Cheikh est mon ami. Je pars donc serein avec le sentiment que le ministère de l’éducation est entre de bonnes mains, des mains solides», se réjouit-il.

Mamadou Talla renseigne que le secteur de l’éducation a engrangé des acquis importants ces dernières années mais d’autres chantiers demeurent. Monsieur le ministre, en vous connaissant, je reste convaincu que les acquis seront consolidés et améliorés dans l’intérêt de l’école», a-t-il dit.

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