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Adresse aux enseignants, une contribution à l’éducation syndicale Par Kalidou Diallo

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L’objectif de cette contribution, au début de cette  rentrée scolaire 2018-2019, est d’aider les enseignants  à mieux connaitre l’évolution et la spécificité de leur  statut particulier et  à le défendre.   Pour tous  les corps de la fonction publique, à diplôme égal, l’échelonnement indiciaire est le même. La loi  61-33 du 15 juin 1961 relatif au statut général des fonctionnaires,  avec le décret 61-059 du 8 février 1961 sur le classement indiciaire, fixe les salaires de début et fin de carrière des différentes hiérarchies de toute l’administration. Sont exclus de cette loi les magistrats, tous les corps militaires, les inspecteurs généraux d’Etat, les universités  sans compter les agents non fonctionnaires régis par le décret 74-347 du 12 avril 1974 fixant le régime spécial applicable aux non fonctionnaires de l’Etat. Pour ce qui est des enseignants fonctionnaires, il est important pour eux d’être conscients des avantages du décret 77-987 du 14 novembre 1977 portant statut particulier du cadre  des fonctionnaires de l’enseignement comparé  aux autres. Essayons de donner quelques exemples.  Pour la durée de travail hebdomadaire, la règle, c’est 40h par semaine mais dans l’enseignement, c’est 30h pour le primaire, 25h pour le Professeur de collège (Bac+CAECEM), 21 h pour le PEM (licence+ CAEM) et le PES (maitrise+ CAES). Dans la réalité, beaucoup peuvent se retrouver avec un horaire de travail en deçà, d’autres avec des heures supplémentaires payées selon les disciplines ou les zones.

Le décret 63-116 du 19 février 1963 relatif au régime des congés, pension et autorisation d’absence des fonctionnaires, modifié par le décret 65-346 du 20 mai 1965 donne droit à 30 jours consécutifs de congé après 11 mois de services accomplis. Par dérogation, le personnel enseignant a droit, chaque année, à de grandes vacances dans les conditions suivantes : 90 jours pour le personnel enseignant (dans la réalité, il se réduit à deux mois actuellement),  60 jours pour le personnel de direction, de contrôle et de surveillance, en plus des fêtes scolaires Noël et Pâques,  alors que  pour les autres agents de l’Etat, la durée de ce congé est de un mois par an. Partout les permissions d’absences qui ne sont pas de droit sont déductibles du congé annuel sauf chez les enseignants.
La liberté syndicale et  politique avec  droit de se syndiquer,  d’aller en  grève, d’adhérer à un parti politique, la liberté d’expression, de s’adresser à la presse sans l’obligation d’avoir  la  permission de son supérieur hiérarchique  sont des acquis et avantages citoyens  non négligeables.

Pour la mutation ou affectation d’un poste à un autre, l’enseignant a droit à une  commission de mutation démocratique, en présence des syndicats au moins tous les deux ans sans compter la commission sociale et le droit au rapprochement de conjoint; ce qui  est inimaginable chez un fonctionnaire des affaires étrangères ou de l’administration territoriale. Pour les avancements, reclassements et titularisations dans un nouveau corps, seuls les enseignants bénéficient  d’une bonification d’ancienneté de 50% pour le  moniteur (corps éteint) qui devient instituteur adjoint; de  40% si ce dernier devient instituteur ordinaire, de 30% de son ancienneté quand celui-ci devient professeur. C’est à dire quand un instituteur titulaire a 12 ans de service dans son corps, devient inspecteur de l’enseignement ou professeur, il  va entrer dans le nouveau  corps avec 4 années d’ancienneté d’office suivis d’un rappel de salaire. Aucun autre corps de la fonction publique n’a cet avantage.
Quand un fonctionnaire de l’administration sorti de l’ex- CFPA  devient administrateur civil, il  commence comme débutant et même s’il a un salaire supérieur du fait de son ancienneté, il conserve sa  différence de salaire jusqu’à ce que ses avancements  dans le nouveau corps résorbent ce différentiel. Le recrutement des volontaires et vacataires de l’éducation, même s’il a été décrié par certains, a tout de même  permis de  donner un emploi à des dizaines de milliers de jeunes Sénégalais. La plupart ont obtenu rapidement des diplômes professionnels, des milliers parmi eux sont titularisés devenus pour certains, inspecteurs de l’enseignement, pour d’autres professeurs voire des universitaires et même des  administrateurs civils. Le système de la formation diplômante est une véritable opportunité d’obtention des diplômes pédagogiques donnant, ainsi, avec la titularisation universelle intervenue en 2007, l’occasion  illimitée d’intégration massive. Aucun autre corps de l ‘Etat n’a cet avantage de  promotion administrative interne et externe donnant des avantages financiers assez élevés. La validation des années de volontariat et de vacatariat obtenue en avril 2015 a permis   l’intégration de 21379 maîtres et professeurs contractuels.
Les avancements de grade sont exclusivement au choix pour l’essentiel  des autres agents de l’Etat, alors que chez les enseignants, il y a en plus l’avancement automatique à l’échelon selon une durée de 2 ou 3 ans mais aussi à l’ancienneté. Des élections sont organisées pour choisir les membres des  Commissions Administratives Paritaires et Conseils de Disciplines (CAP&CD). L’enseignant est représenté par le syndicat qui a gagné au niveau de  son  grade lors de ces élections pendant  la commission administrative.  60% de la cohorte concernée par le grade avancent au choix en changeant de classe.  Il est aussi défendu obligatoirement en commission de conseil de discipline  s’il commet une faute professionnelle de 3eme degré. Il a ainsi quelqu’un de son grade lui servant d’avocat. Pour ce qui est des  indemnités, le statut particulier est très intéressant pour les enseignants. En effet l’indemnité d’enseignement qui représentait 20% du solde indiciaire a été  obtenue sous Mamadou Dia dès 1960. Elle était réservée, au départ, uniquement aux enseignants «craie en main» pour retenir ceux parmi eux  qui étaient  tentés d’abandonner  la fonction pour d’autres corps de l’Etat. Cette indemnité qui est passée à 30% sous Abdou Diouf et 50% sous Abdoulaye Wade est maintenue dans la pension de l’enseignant après la retraite. Elle est liée à la fonction sans tenir compte de la hiérarchie ou du corps. Le taux est le même chez l’instituteur, le professeur de lycée et collège ou l’universitaire. Un  enseignant fonctionnaire  qui a une retraite pleine avec trente ans de service,  dispose au moins de 75% de son salaire indiciaire avec  encore 50% en plus. Seuls les enseignants ont cet avantage parmi les fonctionnaires.

L’indemnité de logement était réservée, jusqu’à la fin des années 1970 aux seuls enseignants du primaire. Du temps du recteur Jean Capelle,  Directeur de l’enseignement en AOF, toute  classe construite était accompagnée d’un logement pour le maître. Avec l’indépendance, la pratique a continué avec l’exemple  des classes FED (Fonds Européens de Développement) qui prévoit toujours un logement. Cependant l’expansion des écoles primaires ne permettant pas de loger tout le monde, l’indemnité de logement est devenue la règle. Lorsqu’ elle est passée de 12500f à 25000f au milieu des années 1970, beaucoup de directeurs  d’école ne pouvant pas cumuler  ont abandonné leur logement et préféré cette somme ; le taux de location étant de loin plus bas à l’époque.  Certains logements ont même été transformés en salles de classe faute d’occupant.

C’est sous Abdou Diouf, avec l’action revendicative du grand SUDES de l’époque et au lendemain des Etats Généraux de l’Education et de la Formation (EGEF)  sous  Iba Der Thiam alors  ministre de l’Education nationale (1983-1988) que l’indemnité de logement a été étendue à tous les enseignants: professeurs dans l’enseignement moyen et  secondaire, professeurs d’université, décisionnaires, chargés d’enseignement mais aussi les professeurs d’éducation physique et sportive qui avaient obtenu le statut d’enseignant après la grève de 1968  sous  Amadou Moctar Mbow. Ce fut ensuite au tour des monitrices rurales  d’obtenir le statut d’enseignantes au milieu des années 1980 et les ingénieurs de l’enseignement technique et la formation professionnelle au milieu des années 1990. Ces acquis ont beaucoup inspiré les syndicats des personnels de la santé et de l’action sociale qui ont bénéficié déjà de certains de ces avantages et continuent à revendiquer d’autres.      Beaucoup d’autres mesures spécifiques en faveur des fonctionnaires de l’enseignement  ont été prises. Les corps émergents ont connu une évolution fulgurante surtout depuis 2000. Le Président  Macky SALL,  avec la suppression du statut des volontaires et des vacataires qui intègrent le statut normal de l’enseignant ordinaire, la validation des années de volontariat et vacatariat, le relèvement à termes de l’indemnité de logement de 60 000 à 100 000F par mois, a nettement revalorisé le statut, les conditions de vie et de travail des enseignants. L’indemnité de surcharge horaire des professeurs des lycées et collèges (2007), l’IRD des instituteurs (2011) et l’indemnité  d’encadrement des inspecteurs d’enseignement élémentaire (2009)  élargie au  corps des inspecteurs d’enseignement moyen secondaire, l’attribution des parcelles à usage d’habitat aux coopératives des syndicats de l’éducation, sous Wade, ont considérablement relevé le statut de l’enseignants même si,  les taux très élevés  de certaines  indemnités d’autres agents  de l’Etat, de niveau académique parfois inférieur  ont fini par créer des frustrations chez certains professeurs. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt des acquis dans l’Education nationale et au niveau de ses personnels.

Tout ceci, pour dire que l’exigence d’harmonisation revendiquée par certaines organisations syndicales  de l’enseignement depuis quelques années, avec comme corollaire des perturbations chroniques du système éducatif, peut bien à terme, remettre en cause les acquis spécifiques au cadre des fonctionnaires de l’enseignement. Le statut particulier de l’enseignant obtenu de haute lutte en  1966 par les décrets : 66-1032 du 23 décembre 1966 portant statut particulier du cadre des fonctionnaires de l’enseignement du premier degré et 66-1033 du 23 décembre 1966 pour le seconde degré  grâce à l’action du  SUEL (Syndicat unique de l’enseignement laïc du Sénégal), modifié en 1977 avec un décret unique, doit être sauvegardé et renforcé au lieu d’être soumis à l’uniformisation. Avec la revendication récurrente d’harmonisation, il   y a bien risque de retour à la situation d’avant 1966 qui avait vu le statut de l’enseignant dilué dans le cadre général de tous les fonctionnaires de l’Etat.  Retenir aussi que  plusieurs tentatives de créer une « Fonction publique de Mérite à la place de celle des Carrières», sous l’expression « Réforme» ou « Etude » n’ont pu aboutir grâce à l’unité et la vigilance du syndicalisme enseignant principalement. En tout état de cause, la mise en œuvre en cours du protocole d’accord du 30 avril 2018 qui va dans le sens d’une revalorisation conséquente  de la fonction enseignante, devrait, en dépit de la sensibilité de cette année  d’élections présidentielles, déboucher en toute logique pour tout  syndicalisme autonome,  sur une stabilité durable dans le système éducatif sénégalais.

Kalidou  Diallo, Département d’histoire, FLSH, UCAD

 Expert  en Education, Formation et sur le Dialogue social, ancien SG du SUDES, ancien ministre Conseiller à la Présidence de la République sur les questions syndicales, ancien MEN

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Retour en zone, après 5 années + 2! (Par Djibril SARR).

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Au basket c’est une faute. Lorsqu’on revient dans sa zone, quelle que puisse être la durée. 

S’il y’a ce rappel dans un contexte plutôt CAN et non d’Afrobasket, c’est parce que nous en arrivons au terme d’une longue quinzaine de réconciliation entre la plupart des élus et leurs collectivités respectives. Quinze jours pendant lesquels vous avez quotidiennement vu vos élus. 

Pourtant, il y’a plus de cinq années passées plus deux bonus, la plupart s’était battu pour le fauteuil de maire ou de président de conseil départemental, avant de déserter ces localités lointaines, au profit d’un cumul exagéré et illogique d’emplois inaccessibles à une bonne partie d’une jeunesse en quête d’occupation.

Il y’a deux semaines déjà que sonnait l’heure de retour en zone. Une occasion pour ces collectivités orphelines de retrouver au quotidien pendant 2 semaines, les sourires charmeurs de leurs élus perdus de vue et qu’ils n’apercevaient par chance, que pendant leur passage le temps d’un week-end. 

Pour nous autres populations, la vigilance et l’éveil des consciences nous dictent un choix responsable où aussi bien les nouveaux candidats que les performants parmi les anciens ont leur chance à jouer. 

Donnons l’opportunité à ceux qui ont un programme clair, la capacité, la détermination, la maturité et le temps, de dérouler leur mission. Faisons attention aux marchands d’illusions mais également aux arrogants, aux irresponsables, aux belliqueux et aux incendiaires.

Nos choix doivent être éclairés, argumentés et raisonnables.

Dans certaines contrées desservies par les politiques publiques, n’attendons surtout pas que l’insécurité, l’obscurité, la faible scolarisation, la précarité sanitaire, les inondations, l’absence d’assainissement, les moustiques, entre autres,  viennent nous rappeler notre mauvais choix. 

Ne confondons ni religion, ni confrérie, ni coloration politique, ni lien familial avec le choix utile à la localité.

Cultivons le travail, la rigueur, la persévérance, l’endurance, la simplicité, la responsabilité, le sens de la mesure, l’humilité, l’acceptation, pour savoir compter sur nous-mêmes dans les conditions que nous réserve le destin, le hasard ou Dieu selon nos croyances.

Ne troquons pas notre devoir d’exiger des résultats à nos élus dans l’amélioration de notre qualité de vie à travers des équipements et des services collectifs contre un simple soutien financier aux cérémonies socio-culturelles, sportives et religieuses. 

Changeons de paradigmes en portant nos choix sur des compétences éclairées et engagées, sans les soumettre au prix de leur intimité, d’invectives et de violence familiales. 

Exigeons en revanche, des résultats qui ne sauraient provenir que d’une bonne planification, une réalisation correcte, un suivi régulier, un contrôle rigoureux et une amélioration continue, soutenus par une communication inclusive.

Que le vote de ce dimanche 23 janvier 2022 traduise nos choix libres des personnes en charge de la destinée de nos collectivités respectives.

Qu’il se déroule dans la paix et le fair-play, pour une reprise en main dès le lendemain, des dossiers en souffrance par le simple fait de cette période de retour en zone, de personnalités indivisibles à  responsabilités plurielles en quête de base solide capable de leur garantir une longévité improbable dans nos instances de gouvernance. Nos plans de développement doivent être traduits en plans d’actions qui survient aux hommes qui les portent.

Djibril SARR

CEO SECURIZONS

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Plaidoyer pour les habitants de Keur Massar et des populations sous les eaux (par Alioune Badara Seck)

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La pandémie liée à la Covid 19 et les inondations dans la banlieue de Dakar en Septembre 2020, avaient fait vivre le martyre aux populations notamment celles de Keur Massar.

Suite à cette période vécue avec de grandes difficultés par les populations et les promesses fermes de l’État du Sénégal à travers ses représentants que le supplice jadis traversé par les habitants de la banlieue ne se réitérerait plus, l’espoir semblait être permis pour cet hivernage 2021.

Hélas, dès les premières gouttes de pluie, tous les espoirs s’évaporèrent et laissèrent place aux inondations habituelles et à leurs lots de souffrances.

Le spectacle désolant des femmes désemparées et des pères de famille réduits à l’impuissance devant la montée des eaux déferlantes est une atteinte à la dignité humaine.
Des autorités responsables auraient pris toutes les dispositions nécessaires afin que pareille calamité ne se répète plus.

Nul ne peut comprendre qu’un tel calvaire se soit produit l’année précédente après les pluies du 5 et 6 septembre 2020 et que onze mois plus tard, l’on se retrouve avec le même désolant spectacle de maisons et de routes envahies par les eaux, de familles déplacées, de milliers d’hommes et de femmes mis dans la précarité.

La responsabilité des autorités du Sénégal est engagée au premier chef et les habitants de Keur Massar et de la banlieue exigent des réponses.
Les populations exigent une réponse immédiate de l’Etat du Sénégal combinée à la mise en place d’une solution structurelle qui réglera définitivement le problème des inondations. La souffrance n’a que trop duré.

L’Etat doit en urgence :

1. doter tous les quartiers sous les eaux de pompes de grande capacité et en quantité suffisante pour rapidement évacuer les eaux de pluie. La saison des pluies n’a pas encore pris fin.

2. assister toutes les familles sous les eaux ainsi que les familles déplacées et qui font face à d’énormes difficultés matérielles et financières pour assurer leur survie quotidienne. Mettre un place un plan d’urgence d’assistance des familles.

3. finaliser le plus rapidement possible les interconnexions entre les bassins et fournir des délais précis de réalisation. Sans quoi des bassins construits isolément ne peuvent régler le problème d’évacuation des eaux.

4. associer les délégués et représentants des quartiers de Keur Massar au suivi et contrôle des travaux. Il n’est pas crédible de vouloir régler le problème de Keur Massar et de la banlieue en excluant du processus les populations et leurs représentants.

Avec tous les milliards dépensés dans le cadre du programme décennal de lutte contre les inondations, notamment dans sa composante PROGEP (Projet de Gestion des Eaux Pluviales), les habitants de la localité n’attendent pas moins de l’État du Sénégal.

Alioune Badara Seck

Syndicaliste

Leader de la coalition Taxawu Keur Massar Jotna

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HISSEIN HABRÉ VA EN PAIX : UN NOM, UN HOMME ET UN DESTIN (Par Brahim OGUELEMI )

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C’est avec le cœur lourd et la gorge nouée que nous venons d’apprendre le décès ce matin de l’ancien Président du Tchad Hisseine Habré, décès survenu à la suite d’une contamination de Covid-19. En ces instants sombres et troubles, nous présentons nos condoléances les plus attristées et les plus émues à sa famille nucléaire, à ses proches, à ses connaissances, au peuple Tchadien et au peuple Africain tout entier !
Mais quel héritage l’homme aura-t-il légué à la postérité ? 
L’histoire retiendra à jamais que le Président Hissein Habré fut celui qui aura sauvé la bande d’aouzou contre l’occupation libyenne de Kadhafi. Par-là même, il aura ainsi sauvé tous les pays limitrophes du Tchad contre la folie démentielle de Kadhafi. Le Président Camerounais Paul Biya s’était même confessé auprès du Président Habré au lendemain de la libération du Tchad en lui ayant dit en substances que : «  Mon frère, tu nous a sauvés. Sans toi Kadhafi aurait annexé et marché sur tous les pays limitrophes du Tchad ».
Hissein Habré c’est aussi celui qui aura refusé de brader les ressources naturelles du Tchad au profit du consortium des firmes multinationales occidentales. Il aura tenu simultanément et parallèlement tête à l’invasion libyenne, à l’impérialisme, au néocolonialisme et à la finance internationale mondialisée ainsi qu’à leurs valets locaux. Son caractère était foncièrement forgé et tempéré dans le fer ardent de la lutte et de son corollaire la résistance.
Pour son patriotisme et pour son nationalisme, le Président Habré fut seul contre le reste du monde dans un monde où de plus en plus les dirigeants du Sud s’aplatissent si facilement face aux injonctions politiques et économiques injustes du Nord au grand dam des intérêts vitaux et stratégiques des populations du Sud.
C’était dans un contexte où l’Occident employant tous ses moyens stratégiques et ses armadas et en cela épaulé par la Libye, le Soudan et les négres de maison que le Président Hissein Habré était parti en ayant préféré laisser le Tchad dans une situation relativement stable. Aujourd’hui 31 ans plus tard, il est rappelé vers son Seigneur. Mais il est rappelé vers son Seigneur en ayant toujours gardé tenaces sa fierté, sa conscience patriotique et son amour-propre pour n’avoir point servi le Tchad sur un plateau d’argent à ses ennemis et notamment aux prédateurs financiers et économiques du pays.
Donc, au regard de toutes ces raisons susmentionnées, nous pouvons tirer les légitimes et objectives considérations suivantes sur l’homme : il fut intègre et incorruptible, digne et fier, patriote et nationaliste, courageux et téméraire, travailleur et exigeant, instruit et cultivé, héros et libérateur, résistant et vainqueur. L’homme n’aura pas, pour ainsi dire, vécu inutilement. Il y’a apporté, considérablement, sa part de lumière sur la grande phare qui éclaire la longue marche de ce monde.
L’homme est parti mais son combat, sa lutte et ses œuvres demeureront à jamais dans la postérité. La jeunesse Tchadienne en particulier et celle Africaine en général, auront tout à gagner à s’inscrivant dans la dynamique du noble sentier de la résistance et de pouvoir ainsi vaincre la couleuvre tentaculaire qu’est la Françafrique qui n’a semé et qui continue toujours de semer mort, désolation, tristesse, chaos, pillage, vol, humiliation et bradage sur le continent africain depuis le début des années 60.
LA LUTTE CONTINUE ! LE COMBAT CONTINU !LES PATRIOTES TCHADIENS VAINCRONT !LES PATRIOTES AFRICAINS VAINCRONT !
HISSEIN HABRÉ VA EN PAIX !QUE LE PARADIS SOIT VOTRE DEMEURE ÉTERNELLE !
Brahim Oguelemi, Dakar le 24 août 2021, depuis l’hôpital principal.

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